Qu’est-ce que la cryptographie ? 1/2

[MàJ 30/05/12, remerciements à nerosson]
Suite à l’article cryptanalyse & cryptographie, qui relatait l’enjeu actuel de la cryptanalyse et la cryptographie,  je vous propose de définir un peu ce que c’est la cryptanalyse, la cryptographie, etc. Nous verrons donc un peu de vocabulaire, puis ensuite quelques pratiques informatiques pour garder ses dossiers cryptés.

LA CRYPTOLOGIE

De nos jours, nous pouvons observer que la cryptologie est quasiment indissociable de l’informatique. Cependant, il faut distinguer cryptologie, cryptographie et cryptanalyse. L’amalgame est vite fait. La cryptologie est la science des écritures secrètes, des documents chiffrés. Cette dernière comporte deux branches : la cryptographie, et la cryptanalyse. Mais n’oublions pas la stéganographie, qui en grossissant un peu le trait, et avec les acceptions modernes, fait partie des techniques pour garder un texte secret..

La cryptographie traditionnelle est l’ensemble des techniques de chiffrement qui assurent l’inviolabilité de textes et, en informatique, de données. Elle permet, par exemple, de transmettre un message de manière confidentielle. Dans la cryptographie moderne, les transformations en question sont des fonctions mathématiques, appelées algorithmes cryptographiques, qui dépendent d’un paramètre appelé clef (ou clé).

Figure 1: Ce que permet la cryptographie.(Image sous licence Creative Commons BY-SA 3.0)

Cryptographie symétrique
La cryptographie symétrique est très ancienne. Elle nécessite uniquement d’une clé privée que l’on garde pour soi. Le seul souci est de pouvoir transmettre la clé à son destinataire sans qu’elle soit diffusée publiquement.
Cryptographie asymétrique
Contrairement à la cryptographie symétrique, elle nécessite une clé publique et une clé privée. La clé publique est diffusée et elle permet de chiffrer. Tandis que la clé privée, gardée secrète et elle permet de déchiffrer.

Contrairement au déchiffrement qui consiste à rétablir le texte clair en utilisant des documents et des conventions préétablies, la cryptanalyse vise à rétablir le texte clair par la seule analyse d’un (ou de plusieurs) cryptogrammes.

La stéganographie est une technique qui est très liée à la cryptographie car le but recherché est le même : communiquer un message sans qu’il soit lu par un tiers. Contrairement à la cryptographie qui est l’art de chiffrer un message, la stéganographie est l’art de de dissimuler un message. L’encre invisible est un bon exemple de la stéganographie. Deux exemples de stéganographies sont très connus : La scytale de Sparte et l’histoire des crânes rasés.

La scytale de Sparte
La plus connue des stéganographies, datant du VIème siècle avant J.C., consistait à enrouler une bande de papier autour d’un cylindre, puis à écrire le message sur la bande. Ce cylindre est appelé scytale de Sparte. Une fois déroulé, le papier était envoyé au destinataire qui, dès lors qu’il possédait le diamètre du cylindre, pouvait déchiffrer le message. Par exemple, avec un diamètre 5, « alexandre et william » devient : « aaellwiedeiaxrtlm ». On parle aussi de méthode assyrienne.


Figure 4: Scytale de Sparte. (source : http://codes.secrets.free.fr/)

Crânes rasés
Dans l’Antiquité, on rasait la tête de l’esclave, on tatouait son message sur sa tête. Ensuite, on l’envoyait chez le destinataire de message et le voyage était assez long pour que les cheveux aient repoussés. Ainsi l’esclave devait se raser la tête à l’arrivée afin que le destinataire puisse lire le message.

Afin de protéger le message, on lui applique une transformation qui le rend incompréhensible. C’est ce que l’on appelle le chiffrement, qui, à partir d’un texte en clair, donne un texte chiffré. Le texte chiffré est appelé cryptogramme (cyphertext en anglais). Inversement, le déchiffrement est l’action qui permet de reconstruire le texte en clair à partir du texte chiffré.

ATTENTION : Les termes chiffrage ou cryptage sont incorrects. Par contre, les termes déchiffrage et décryptage sont corrects (mais on ne vous conseille pas d’utiliser ces termes). En effet, on parle de décryptage quand il s’agit de trouver le message sans avoir la clé. Il est donc évident que ce terme n’accepte pas d’antonyme. Bref, évitez les mots finissant en « age ».:mrgreen:

Un algorithme est une série d’instructions que l’homme suivra pour résoudre un problème ou dans le cas d’algorithmes complexes l’ordinateur exécutera afin de résoudre un problème (figure 2). En fait, nous-mêmes, nous utilisons des algorithmes dans la vie courante, voici deux exemples :

Meuble en kit >> Notice de montage >> Cuisine équipée.

Farine, œufs, chocolat, etc…. >> Recette >> Moelleux au chocolat.

Je vous propose un exemple plus concret : La technique d’Euclide pour trouver le PGCD, appelé « Algorithme d’Euclide » (remarquez je ne pouvais pas trouver mieux comme exemple :P)

Soit a et b des entiers naturels non nuls et a > b.


A SUIVRE.

♫ Tadadadaaam ♫😀

ATTENTION : Ce bonus contient un :SPOILER:

En attendant la sortie du prochain article, qui portera sûrement sur les différentes manières de crypter sous Windows ses fichiers, nous vous proposons un aperçu juteux.:mrgreen:
Nous parlerons, entre autres (ben oui je vais tout vous raconter ça servirait à quoi hein ? :P), d’AxCrypt, un bon petit logiciel que vous pouvez déjà télécharger en attendant la suite🙂 (ce n’est pas parce que c’est gratuit que ce n’est pas efficace)

VOUS AVEZ ADORÉ ? PASSEZ DONC A LA PARTIE 2 !

3 réflexions sur “Qu’est-ce que la cryptographie ? 1/2

  1. Bonjour à tous,
    1) Les trois mousquetaires étaient quatre : à vous lire, je constate que la cryptologie comporte deux branches qui sont au nombre de trois : cryptographie, cryptanalyse et stéganographie. La stéganographie ne me parait pas entrer dans le cadre de la cryptologie.
    2) Les deux phrases qui définissent la cryptanalyse ne me paraissent pas très cohérentes. Oserai-je me permettre de suggérer : « Contrairement au déchiffrement qui consiste à rétablir le texte clair en utilisant des documents et des conventions préétablies, la cryptanalyse vise à rétablir le texte clair par la seule analyse d’un (ou de plusieurs) cryptogrammes.
    3) Il ne me parait pas que la scytale puisse être prise comme un exemple de stéganographie. C’est un chiffrement. Le fait de porter le ruban comme une ceinture (texte côté intérieur) relève bien de la stéganographie.
    4) Il semble qu’on ne connaisse qu’un seul cas d’utilisation d’un crâne rasé comme procédé stéganographique. Rien de surprenant si l’on songe au délai de transmission.
    5) au cours d’une longe carrière, j’ai toujours vu employer les mots « déchiffrement » et « décryptement » de préférence à « déchiffrage » et « décryptage ».
    Cordialement.
    Nerosson

    • 1) Merci de me corriger, il est bien évident que dans le contexte j’aurais dû écrire “trois branches” et non “deux branches” ! ><
      En grossissant un peu le trait, et avec les acceptions modernes, nous dirions volontiers que la stéganographie fait partie des techniques pour garder un texte secret. Il me semblait correct de mettre stéganographie dans la même famille à vrai dire. Mais il se peut bien que vous n'ayez pas tort:mrgreen:
      2) Merci pour cette suggestion, je m'en vais vite faire la modification !😛
      4) Cela relève de la stéganographie puisqu'il s'agit de camoufler un texte.🙂
      5) D'ailleurs, il est indiqué dans le cadre rouge que ces mots sont incorrects.😉 (Ils n'existent même pas dans mon petit dico !)
      Somme toute, je vous remercie de m'avoir signaler ces erreurs !😀
      Cordialement,
      A.Ravaux

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s